| | | | | | | | Audrey | | Laissez vivre les mots | | Administrateur |  |  | | 12339 messages postés |
| Posté le 27-01-2007 à 01:54:17
| Rectifications officielles de l'orthographe Vous souvenez-vous ? Le Conseil Supérieur de la Langue Française avait publié, dans les documents administratifs du Journal Officiel du 6 décembre 1990, des rectifications de l'orthographe sur environ 2 000 mots. (Voir cette page officielle) Ces rectifications de l'orthographe étaient sensées permettre de supprimer un certain nombre d'irrégularités de la langue française. Logiquement, elles devaient être prises en compte dans les manuels scolaires... Et 1990, ça date ! Petit historique de ce qui fut un bide... (quoique...) En 1990, conscients des problèmes décriture que les difficultés orthographiques du français posent aux élèves de milieux défavorisés, et désireux de montrer le français comme une langue moderne, Michel Rocard, alors Premier ministre, a mis toute son énergie politique à provoquer une réforme de lorthographe. Le mot même de réforme apparaît bien pompeux au regard des légères modifications autorisées pour mettre lorthographe en cohérence avec la prononciation ou avec le bon sens. Le principe retenu était celui de lacceptation des variantes : deux graphies étaient possibles pour un même terme, aucune des deux ne pouvait être tenue pour fautive. Le Premier ministre sentoura de linguistes et sassura que lAcadémie française qui, depuis sa 3ème édition, na cessé, jusquau XIXe siècle, de modifier les graphies, sassocierait au projet. La commission aboutit assez vite à la publication de quelques principes qui aménageaient lorthographe de presque 2 000 mots. Mais cette modernisation rencontra une farouche opposition. Les rectifications, dont le propos était de faciliter lapprentissage de la langue, ont été rejetées par ceux-là même quelles devaient aider. On vit sexprimer un purisme populaire, selon le mot de B. Cerquiglini, qui sappliquait à défendre lidée dun patrimoine citoyen. Rarement se manifesta aussi clairement la sacralisation qui entoure en France la forme écrite de la langue. On a lu, à lépoque, des déclarations affirmant "quil allait falloir réimprimer toute la littérature française", "quil y aurait obligation (et non choix) dappliquer les modifications", "que lorthographe allait devenir phonétique"
Le Monde nalla-t-il pas jusquà publier quà cause dune telle réforme la "civilisation occidentale était menacée" ? La finalité : - Le dictionnaire de lAcadémie française (le seul à faire autorité dans le domaine, en cas de procès par exemple) adopte les modifications. - Les dictionnaires les plus courants suivent avec plus ou moins denthousiasme : Le Petit Robert à 60 % (ce qui représente 5 % des mots touchés par la "réforme" ), Le Petit Larousse et Le Dictionnaire Hachette à 40 %. - Les enseignants sont plus que frileux. Conscients de la fonction de distinction sociale quassure la connaissance des bizarreries orthographiques, ils représentent également des décennies d'apprentissage de ces particularités qu'ils n'ont guère envie de gommer... Bref, échec cuisant de la "réforme" qui devait changer le cours de la langue française ? Pas tant que ça. Car si la majorité a refusé de l'appliquer, elle est malgré tout entrée, petit à petit, dans les dictionnaires. Ce qui sous-entend que, tôt ou tard, nous nous verrons peut-être dans l'obligation d'en appliquer les règles, bon gré, mal gré. Pour en savoir plus : Bon, vu la quantité de mots touchés par ces fameuses modifications, je ne vais pas les reprendre une à une sur le Forum, mais vous laisse aller consulter le tableau de ces règles et simplifications sur le site approprié :
-------------------------------------------------------------------------------------- Cela dit... je préfère de loin nos complications ancestrales !
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