| | | | | | | | Audrey | | Laissez vivre les mots | | Administrateur |  |  | | 12339 messages postés |
| Posté le 18-05-2006 à 15:14:02
| Atrocités révélées sous la REVOLUTION Ce texte datant du XVIIIe siècle démontre comment des milliers de personnes ont été jugées et exécutées au nom de la liberté ! Le côté paradoxal de ce texte est quil soit toujours dactualité dans presque tous les pays du monde !
ATROCITES DÉVOILEES de FOUQUIER-THINVILLE, ACCUSATEUR PUBLIC DES JUGES DE LANCIEN TRIBUNAL ET DE ROBESPIERRE "Ils ne jugeoient pas, mais sur une liste envoyée par le Tyran, ils prononçoient la mort." A PARIS, AN TROISIEME Des Juges étudient, connoissent la Loi, et pénétrés de son esprit, sy conforment scrupuleusement, ils ont des moeurs et de lhumanité, et doivent être purs comme la Loi dont ils sont les organes ; ils désirent que laccusé se justifie, ils lui en facilitent tous les moyens, ils voudroient le trouver innocent, et cest toujours à regret quand, par le témoignage de témoins intègres quils ont admis, et que laccusé na point recusés, ils se voyent en droit par la force des preuve, de reconnoitre un coupable. Au contraire, quel contraste effrayant ! Ces hommes sanguinaires choisis comme tels, étoient sans moeurs, tout sentiment humain leur était étoit inconnu ; ils ignoroient jusquaux premiers principes de la loi naturelle. Ils nentendoient pour témoins que ceux que le monstre gageoit pour inventer et imputer à des innocents que ces prétendus témoins navaient jamais connu, des crimes tantôt contre la République, tantôt contre la Convention, et enfin coutre le peuple Souverain. Toujours ces imputations étaient vagues et indéterminées. Ils supposaient lintention, et cette intention tenait lieu de faits quils ne pouvoient articuler. Quand ces faux témoins (qui étoient toujours les mêmes) avoient attestés des crimes, des complots invraisemblables et souvent même impossibles, les prétendus Juges dont lâme et la conscience avoient, disoient-ils, requis la conviction, ils ne permettoient pas à laccusé de se défendre. Ils sembloient ces inhumains triompher dune imposture quils admettoient comme preuve convaincante. Ils insultoient ensuite aux malheureuses victimes de la calomnie, devenues la proye de ces vautours. Ils les insultoient avec lironie la plus barbare : "Pare cette botte, dit lun deux a un maître darmes du ci devant roi, quil venoit de condanmer." Une autre dit à une vertueuse Citoyenne distinguée autrefois par sa naissance, et dans tous les temps par son mérite personnel : "Madame la Duchesse veut-elle bien me permettre de lui procurer les honneurs de la guillotine ?" On observe à un autre de ces bourreaux quune citoyenne que son grand âge avoit privée de louïe, et à laquelle on imputoit un complot pour lequel loreille eût été nécessaire, quelle ne pouvoit pas en être coupable. "Elle la fait, dit lassassin, à la sourdine." Dans les derniers jours de lhorrible boucherie si souvent répétée, on observoit plus le simulacre de témoins, on ne feignoit plus den entendre : une citoyenne quon venoit de condamner, observa avec une douceur dange quon ne lavoit point interrogée. "Nes-tu pas, lui dit-on, une telle." Sur sa réponse affirmative : "cen est assez, passe." Un citoyen connu par ses vertus et sa charité envers les pauvres, est accusé dinfidélité dans un arbitrage. Cette imputation calomnieuse révolte tout Paris. Le malheureux qui avoit fait la fraude, et qui est condamné à mort, avoue son crime. Voilà donc lhonnête homme justifié. "Non, dit laccusateur public, si ce nest pour cela, ce sera pour son fanatisme, et sil a fait des aumônes, ça été dans lintention dhumilier ceux à qui il donnoit." Une citoyenne, présente à la condamnation de son mari innocent, se livre à des reproches contre ces tigres, elle ne peut survivre à sa vive et juste douleur, elle demande la mort, on lenvoie au supplice avec son mari. Il nétoit pas permis de regretter un parent, un ami. Si la nature indignée décomposoit le visage, si la tristesse sy peignoit, celui-là qui ne pouvoit cacher sa peine, étoit traité comme un ennemi de la patrie. Peuple François, tu as vu, tu as entendu ces horreurs, et mille autres que la plume refuse de retracer, et tu as gardé le silence ? En voici la cause : des malheureux étoient payés pour crier "vive le nation" , lorsquon leur donnait la mort. Les autres, la terreur les glaçoit deffroi. Et toi, terre de la Liberté, tu ne tes pas entrouverte !.. Oui il y a un Dieu qui a sa manière de punir, le châtiment quil diffère nen est que plus terrible. Des ordres sanguinaires avoient été donnés dans toute la République, le tribunal révolutionnaire heureusement renouvelé interroge dans ce moment le comité révolutionnaire de Nantes. "Nous avons, dit-il, agit que par des ordres supérieurs." Mauvais citoyens, ce nest pas là une défense, cest votre propre condamnation que vous prononcez vous-mêmes, en faisant laveu de la plus horrible prévarication dans le plus redoutable minister que les hommes puissent confier à des hommes, cest convenir de votre complicité avec le monstre qui nest plus. "Ils nallèguent point la Loi, mais un ordre supérieur ; supérieur ! grand Dieu ! Qui est donc supérieur à la Loi ? dans une République, la Loi qui émane de la volonté générale de tous a telle pu être méprisée injustement par un seul ? Celui-là sétoit mis au-dessus de la Loi, et de-là sest déclaré Tyran. Ses infâmes complaisans ont partagé son crime, quil est grand ce crime ! sans la Loi point de République, point de Société quelconque. La Loi est le souverain des hommes libres, détruire la Loi, cest établir lanarchie, et par une conséquence nécessaire cest subtituer un tyran à la Loi. Sous elle il ny a que des citoyens, sous lui il ny a que des esclaves."
Des crimes Il importe grandement quils soient punis, et il seroit peut-être à souhaiter quils le fussent proportionément à leur énormité. La sévérité de la justice est le fondement de la sûreté publique, lexpérience fait assez connoïtre cette triste, mais salutaire vérité ; en effet, limpunité enhardit aux crimes et les multiplie, en sorte quil y a plus dhumanité dans la sévérité que dans la coupable indulgence des Juges. Si rien nest plus contraire à lhumanité que de condamner un innocent, rien nest plus pernicieux à la société que dabsoudre un coupable ; en lacquittant, on se rend coupable, en quelque sorte complice du sang quil a versé, et coupable de celui quil répandra encore ; et ce sang sera redemandé au tribunal, cruellement indulgent, par la femme et les enfants du chef de famille que le scélérat a égorgé. Que dis-je, les parents, la patrie entière y est intéressée. Cicéron, le sauveur de la Patrie, attriboit la ruine de la République romaine à limpunité des crimes ; César ne seroit jamais venu à bout de la subjuguer et de sen rendre maître, si les crimes de tant dautres nétoient pas demeurés impunis. Cest ce qui fait que tous les bons citoyens en demandent tant la punition. Que ne doivent donc pas faire ceux qui sont en autorité, et qui doivent témoigner plus damour que les autres pour la Patrie. Le devoir du magistrat consite principalement dans la diligence à informer des crimes qui lui sont dénoncés ; à faire sans délai le procès à laccusé, pour ne pas laisser échapper la vérité des faits publics, ou la corruption des témoins. Les preuves doivent être aussi claires que le jour : car cest cette évidence qui donne la conviction intime, et cest cette conviction de lâme à elle seule qui peut déterminer les Juges à prononcer la peine ; sans quoi ils nordonneroient pas une punition, ils commanderoient un assassinat. En cherchant un coupable, ils doivent avoir le plus grand désir de trouver un innocent. Ce nest pas assez de la preuve dun fait coupable. Le Juge doit examiner si lintention est nécessairement attachée à laction, et comme cest la volonté seule qui fait le crime, il ne doit pas la supposer quand il est impossible quelle ny soit pour rien. La Loi nappelle pas la mort sur une simple suspicion, quelque forte quelle soit, et quand il y a du doute, ce doute décharge laccusé. Organes de la Loi, les Juges ne peuvent infliger dautre peine que celle quelle prononce. Mais si lhumanité, mal entendue, a fait imaginer celle de la guillotine pour les grands crimes, comme pour les moindres ; la raison, la saine politique, lhumanité elle-même, la désavoue à légard des grands criminels, tels que ceux qui, abusant de la trop grande confiance et de pouvoirs trop étendus, que la Convention leur avoit donnés pour le bonheur de la Nation, les ont détournés contre la Patrie elle-même, en commettant des forfaits inouis, des atrocités inconnues jusquà nos jours, dont lâme sensible ne peut soutenir le récit, et qui, dans la postérité, passeront pour des calomnies, qui seront imputées à lhistorien fidèle. Il est vrai quen établissant ce genre de mort plutôt que de supplice, on ne pouvoit avoir à la pensée ces excès datrocité, dont aucun exemple navoit encore souillé la terre, et qui a étonné lenfer lui-même ; mais enfin, ainsi que la vertu, le crime a ses degrés. Comme la récompenese, la peine doit avoir sa mesure. Ces hommes de sang craignent moins la mort que cet instrument donne, sans que le coupable sen apperçoive, que la sévérité du supplice ; ce sont les douleurs quils redoutent, cest donc par elles seules quon peut espérer darrêter ceux qui seroient tentés de les limiter, car lobjet de la Loi dans la punition est de prévenir le crime, plutôt que le punir, autrement les scélérats diroient comme autrefois : "un mauvais quart dheure est bientôt passé, et aujourdhui une seconde nest rien" . Il seroit donc nécessaire, il seroit de la justice que la peine fût proportionnée aux crimes, comme létoit celle du Talion. Nos moeurs répugneroient peut-être à mettre en pratique cette Loi du Talion ; mais en nen prenant que lesprit, la Loi qui graduroit les peines, rempliroit le voeu de lhumanité, et seroit le triomphe de la justice. En un mot la Loi a deux motifs dans les peines quelle inflige, celui de punir le coupable, et celui de détourner du crime par la crainte du châtiment. Cest-là le voeu général, parce que cest la sûreté de tous. La Loi auroit manqué, son objet, si elle ne remplissoit point ce double but. Si avant cependant le règne du Tyran Robespierre, ont eut donné la mort et une mort douloureuse aux hommes de sang, à ceux qui servoient nos ennemis au prix de leur or, ou qui vouloient semparer pour eux-même de la puissance souveraine et qui déjà la dominoient par la terreur, que de citoyens vertueux, que de grands et savants hommes, Malesherbes, le Caton de nos jours, toi qui, pendant ton trop court ministère, avois rompu les fers de tant de malheureuses victimes de loppression ministérielle ; Préteau, qui dans les liens destinés au crime, avois forcé les Juges ... à reconnoitre lempire de la vertu ; quils avoient acquitté, mais quun seul membre du précédent gouvernement (en qualifiant ces prétendus Juge de contre-révolutionnaires, uniquement à cause de ce petit relache à leur férocité) les a bientôt contraint à devenir tes bourreaux, et à qui Fouquier-Thinville, ce scélérat inépuisable en atrocité, na pardonné cette velléité de justice, que parce que cétoit la première fois quils avoient oublié leur mission infernale ; Bailly, dont la vertueuse philosophie a supporté lignominie dun supplice qui navoit point été ordonné, ta place est marquée parmi les grands hommes qui vont à limmortalité. Et vous tous, innocentes et nombreuses victimes des scélérats qui, sous le masque dun faux patriotisme, sétoient coalisés contre la Patrie, sans ces monstres dont les forfaits ont été trop long-temps impunis, vous seriez encore parmis nous.
--------------------
|
| |
| | | | | | | | | |
|