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Le retour de LA BOUDEUSE, 3 mâts goelette

Audrey
   Posté le 15-06-2007 à 21:36:21   

La Boudeuse : "heureux qui comme Ulysse..."


La Boudeuse navigue toutes voiles au vent, le 10 août 2006

Quand les bouches à feu de la Citadelle de Bastia tonneront le 25 juin vers midi, le trois-mâts goélette d'exploration La Boudeuse entrera dans le port corse de la mer Tyrrhénienne, acte final de sa circumnavigation de 3 ans à la rencontre des "peuples de l'eau".

"L'ambiance à bord est celle du 'retour victorieux', un enchantement déjà mêlé de nostalgie, après ce formidable voyage autour du monde, sur toutes les mers et océans", a confié Patrice Franceschi, le capitaine du navire qui longeait jeudi la côte marocaine et faisait route vers Gibraltar.

50 000 milles nautiques (près de 100 000 km) ont été avalés par l'étrave du trois-mâts centenaire (24 hommes et femmes d'équipage, 46 mètres de long, 13 voiles d'une superficie de 700 m2, 250 tonnes de déplacement), depuis son départ du port de Bastia le 27 juillet 2004.

"Nous étions partis pour deux ans, dans l'esprit des grandes expéditions maritimes du 'siècle des Lumières'. Mais la mer et la mission en ont décidé autrement... comme au XVIIIe siècle. Nous avons dû rallonger notre navigation de 11 mois pour mener à bien ces rencontres avec nos frères de la côte, disséminés entre l'Amérique du sud, le Pacifique, l'Asie et l'Afrique", précise Franceschi.

Mais ce sont les "découvertes humaines" et interactives qui furent au centre de la mission : "participer à la vie de ces microsociétés en leur offrant en retour la possibilité de partager notre propre existence. Chercher ce qui nous rassemble par-delà nos différences", explique le capitaine.

Les huit "peuples de l'eau" auxquels La Boudeuse a rendu visite et avec lesquels son équipage a partagé, chaque fois pendant plusieurs semaines, le quotidien "entre tradition et modernité", ont pour dénominateur commun de vivre dans des îles perdues, sur les berges de fleuves oubliés ou le long de côtes délaissées.

La simple lecture de l'itinéraire du trois-mâts est un poème baudelairien : remontée du grand fleuve Amazone pour dénicher les Indiens Yuhups en Amazonie colombienne, plongeon dans le Pacifique chez les Rapa nui de l'île de Pâques, "luxe, calme et volupté" en Polynésie, "gémir n'est pas de mise"... aux Marquises, "saut du gaul" au Vanuatu mélanésien, errance entre les îles de la Sonde avec les Badjaos, ces "nomades de la mer" indonésiens, incursion dans les "Mille et une nuits" avec les "fils de Sindbad" à Oman...

Mais en marge de ces missions qui ont chacune fait l'objet d'un film d'aventure de 52 mn pour France 5, Voyage et une série de chaînes étrangères, La Boudeuse a aussi butiné à Madagascar, à la Réunion, à Sainte-Hélène et au Cap Vert.

Franceschi, comme son nom l'indique, est corse et le pavillon à tête de Maure a fait le tour du monde au faîte du grand mât de la goélette. Mais il s'est arrêté à Sainte-Hélène où il flotte désormais devant la chaumière d'exil de l'empereur. "Un pied de nez en forme de clin d'oeil à l'Histoire", plaisante le capitaine.

Mais la vie de La Boudeuse est comme ses aventures, au long cours. Après quelques jours en Corse, le navire reprendra la mer pour faire pendant l'été, le tour d'une dizaine de ports en Méditerranée et Atlantique.

Le vrai repos devrait commencer vers la fin août, accoté quelques mois à un quai de Seine à Paris. Mais là non plus, il n'est pas question de repos éternel : "La Boudeuse reprendra à nouveau la mer pour de nouvelles et lointaines aventures", assure Patrice Franceschi.

(AFP - 15/06/07)