Sujet :

BASE LUNAIRE permanente : le 'hic' du manque d'eau

Audrey
   Posté le 19-10-2006 à 02:05:17   

(AFP - 18/10/06)
Base lunaire permanente :
le manque d'eau risque d'être un réel problème

L'eau pourrait se révéler beaucoup moins abondante qu'espéré sur le pôle sud de la Lune, ce qui risque de compliquer le projet d'implantation d'une base permanente qui était envisagé par la Nasa, selon une étude à paraître jeudi dans la revue Nature.

Si l'eau y est véritablement présente, ce sera probablement sous forme de grains minuscules et dispersés dans la régolite (la poussière lunaire), et non de gisements de glace facile à exploiter, affirme Donald Campbell de l'Université de Cornell (Etats-Unis), sur la base d'images radar de très grande précision.

La possibilité que le pôle sud de notre satellite abrite des gisements de glace substantiels avait été évoquée pour la première fois en 1994, à la suite de la mission Clementine de cartographie de la Lune, qui était une initiative conjointe de la Nasa et du ministère américain de la Défense.

Mais l'information n'avait jamais pu être confirmée, en raison du crash accidentel de la sonde Lunar Prospector , 4 ans plus tard.

Ces premières études, souligne M. Campbell et son équipe, utilisaient des images trop grossières pour permettre une étude détaillée des "pièges froids" à humidité, situés dans les zones situées en permanence dans l'obscurité.

Mais l'utilisation d'un radar offrant une précision inégalée de 20 mètres, fonctionnant sur une longueur d'onde de 13 centimètres, n'a pas permis de découvrir les preuves "de dépôts concentrés d'eau dans le cratère Shackleton ou ailleurs au pôle sud".
Les signaux qui dénotent sur d'autres corps du système solaire la présence de glace pourraient s'expliquer sur la Lune par la topologie, avec l'existence d'un relief très accidenté et de tapis de rochers projetés sur les parois des cratères par les chocs de météorites.

Le cratère de Shackleton, sur lequel se sont concentrés M. Campbell et ses collègues, était d'un intérêt particulier, car il présentait l'avantage d'une présence supposée d'eau et de zones ensoleillées jusqu'à 200 jours par an, ce qui en faisait un endroit favorable à une présence humaine prolongée.

Les concentrations d'hydrogène notées par Lunar Prospector en 1998 pourraient tenir à la présence d' eau sous forme de grains minuscules dans la couche supérieure de la régolite (le premier mètre). Sa concentration ne dépasserait pas 1,5% (plus ou moins 0,8%), estiment les scientifiques.

"Tout projet d'exploitation future de l'hydrogène sur le pôle sud de la Lune devrait prendre en compte sa faible abondance moyenne, et ne pas s'attendre à des dépôts localisés de haute concentration", regrettent-ils.